Pourquoi je ne boycotte pas (encore) la réforme des rythmes scolaires

Aujourd’hui, il y a eu un appel au boycott de la réforme des rythmes scolaires, certains parents ne mettent pas leurs enfants à l’école. Demain, ce sont des professeurs qui font grève. Partout ? non, un village d’irréductibles gaulois résiste encore et toujours…

Je suis allée il y a quelques temps à une réunion d’informations sur cette fameuse réforme. Bon, on nous explique les rythmes des enfants, que pour eux c’est mieux de les lever toujours à la même heure, et que la coupure du mercredi « casse » leur rythme. Moui, ok, je veux bien le croire. Mais je suis allée à cette réunion remontée comme un ressort…

Mes enfants sont en bas âge, 5ans pour la grande, à peine 2 pour la petite. Elles ont besoin de dormir, 10-11heures suffisent à la grande, mais la petite est une dormeuse et peut vous aligner 12 voire 13h de sommeil. Or je travaille, comme beaucoup de parents d’élèves de primaire. Le matin, j’ai aménagé mon temps de travail pour commencer un peu plus tard. Je laisse ma grande à la garderie de l’école vers 8h, puis je dépose la petite chez la nounou et peux ainsi accueillir mes patients à partir de 8h45. J’ai perdu certains patients qui désiraient des rendez vous plus tôt mais c’est un choix. Je ne m’imaginais pas conserver mes horaires d’avant, à savoir commencer à 8h, ce qui impliquait de mettre n°1 à la garderie vers 7h15, donc de la lever vers 6h… Ensuite le soir, je termine aussi plus tôt, à 19h. Avant, c’était plutôt 19h30-20h. En effet beaucoup de monde travaille aussi et demande des rendez vous au retour du travail, soit après 18h. DONC : j’arrive chez moi vers 19h30, le temps du bain, du repas, le coucher ne se fait pas bien avant 20h30, quand tout roule.  Donc le calcul est vite fait, lorsque je travaille, mes filles peuvent dormir un maximum de 10h30. Alors je voulais qu’on m’explique comment en les levant un jour de plus le matin tôt, elles pourraient être plus reposées… Quand n°2 va aller à l’école, le problème sera d’autant plus important que je sens qu’elle a plus besoin de sommeil que sa soeur. J’ai éclaté de rire (jaune) quand j’ai lu dans un article de journal « il faut que les parents couchent leurs enfants vers 19h30, on peut pas être derrière chaque parent ! » Mais ! Ce n’est pas de l’irresponsabilité, c’est juste que les gens ont un métier ! Et qu’encore j’ai pu aménager mes horaires, c’est loin d’être le cas de tout le monde !!!!

Donc je vous dis, j’étais très remontée lors de la réunion.

On nous a présenté une étude sur les rythmes, en gros ce document. Tout le temps de la présentation, je me disais (dans ma tête) « oui, dans l’absolu, c’est bien, pour l’enfant. Mais comment concilier ça avec des parents qui travaillent ? » J’ai surtout accroché le schéma de l’activité intellectuelle des enfants (page 4). Les enfants sont beaucoup plus réceptifs le matin, avec une grosse baisse de performance pouvant aller jusqu’à 14h30.

La réunion était conduite par plusieurs personnes qui avaient déjà réfléchi au problème : les professeurs de nos enfants, des représentants des municipalités (notre école rassemble deux communes) et quelques parents d’élèves.

Si la réforme est conduite sans réflexion, cela va nous amener dans une impasse comme celle que connaissent de nombreuses communes qui l’ont appliquée sans avoir réfléchi à comment l’organiser. Nous ne voulons pas de ça, pour le bien de nos enfants.

Déjà, là, ça me plait, on ne cherche pas à nous faire avaler la pilule comme je le pensais, mais une vraie réflexion a été conduite, pour nos enfants.

Le ministère de l’éducation demande une SEULE chose : un emploi du temps. Pour pouvoir organiser les remplacements. Prédécoupé comme on l’entend aux infos : 3/4h enlevés tous les soirs et rajoutés le mercredi matin. Mais, et c’est là que j’ai failli tomber de ma chaise, on est pas OBLIGES de faire comme ça. On reprend le schéma qui m’avait accroché l’oeil, et cela parait un peu bête quand on colle nos rythmes dessus, et encore plus les nouveaux rythmes. Par exemple le soir, on enlève justement le moment où l’enfant recommence à être réceptif pour le mettre dehors ? Le professeur qui conduit la réunion, qui se trouve aussi être le directeur de l’école, nous soumet une idée qu’il a eu : augmenter le temps du matin, le passer à 4h au lieu de 3, pour profiter au maximum de ce moment où l’enfant est réceptif, en aménageant deux pauses et un goûter. Puis, réaménager la pause méridienne. L’enfant à ce moment là est somnolent, lui donner la possibilité de se reposer, sans forcément faire la sieste, mais plutôt un « temps calme ». Et reprendre les cours plus tard. C’est une idée, rien n’est fait.

Ensuite, nous habitons dans les montagnes foréziennes. Un très joli coin, mais faire monter un animateur chez nous pour 3/4h le soir, ce n’est pas possible. Deuxième point abordé : les moyens, en gros, on en a pas. Je crois quelque chose comme un peu plus de 40€ par enfant et par an. Même pas une licence de sport. Alors faire monter quelqu’un de la plaine (20km) pour 3/4, c’est ridicule et impossible. Il va falloir penser différemment ce temps d’activité. Pourquoi pas en regroupant les heures, genre lundi et jeudi, école de 14h30 à 16h30, et mardi et vendredi, activités à ces mêmes horaires. 2 heures, ce n’est plus 3/4h, et là, on peut faire quelque chose ! Sur place, on a pas de moyens on a dit. J’ai d’ailleurs regretté qu’il n’y ai pas de représentant de la MJC d’un village voisin qui propose des activités aux enfants le mercredi, ils auraient pu nous dire s’il était possible de faire quelque chose chez nous.

L’idée principale est vraiment d’harmoniser au mieux la vie de l’enfant, en arrêtant les clivages « temps scolaire », « périscolaire », « extrascolaire » mais en conciliant tout ça autour des besoins de l’enfant.

Donc ce soir là on a créé un groupe de réflexion, qui se réunit toutes les semaines jusque début décembre pour essayer de construire un vrai projet (on doit rendre un emploi du temps pour le 16 décembre je crois) et ne pas subir cette réforme.

Alors non, je ne signerai pas de pétition. Je ne boycotterai pas l’école. Par respect pour ces gens qui s’impliquent, donnent de leur temps et des idées pour que cette réforme se passe mieux. Ce n’est pas l’état qui nous aide, oh non, mais cette réflexion concertée avec les parents, les professeurs et les municipalités, ça me plait.

Ensuite, si après tout ces efforts notre projet est refusé, là oui vous allez m’entendre crier à vos côtés, vous qui refusez cette réforme, parce qu’à un moment, on ne fait pas une réforme juste comme ça, histoire de dire on a fait un truc. Et si des gens réfléchissent aux moyens applicables dans leur petit village de montagne, et qu’ils se voient claquer la porte au nez, ça, ça va m’énerver encore plus…

[Mots d’enfants] Discussion avec soi

Le soir. Je rentre, n°1 explique sa journée, je fais couler le bain, n°1 explique ses récrés, je déshabille sa soeur, n°1 explique ses problèmes intestinaux du jour, je mets sa soeur dans l’eau, n°1 explique explique explique….

-Oh mais tu te rends compte que tu parles toute seule sans t’arrêter depuis que je suis rentrée ?

-Ben oui, mais tu sais maman, j’ai pas eu le temps de discuter toute seule avec moi aujourd’hui !!!! C’est que j’en ai fait des choses aujourd’hui, et j’ai dit que Machin il était tombé dans la cour ? bon, il a un peu pleuré…. blablablablablaaaaaaaa

o_O !!

[Mots d’enfants] La Terre

Discussion en voiture. Parce qu’en voiture, c’est le moment d’avoir des paroles philosophiques…

-Maman, qui c’est qui a fabriqué la Terre ?

-La terre ? de quelle terre tu parles ?

-Ben la Terre, où y’a notre maison et tous les villages

-OK, donc la planète tu veux dire

-Oui ! … C’est papa ?

*Eclatée de rire* Non,  c’est pas papa ! C’est plus vieux que ça !

-Ah, c’était fait avant que je suis née ?

-oui, très longtemps avant !

-Ben qui c’est qui l’a fait alors ?? Papy ?

Et comme nous ne lui avons parlé ni de Dieu ni d’aucune religion, j’ai dit ce qu’il me semblait le plus simple :

C’est la nature qui fait ça !

-aaaaaah d’accord !

L’angoisse de séparation

Voilà ce que j’ai découvert chez ma louloute, enfin, j’ai découvert le nom…

Les symptômes ? Vous avez un bébé de 15-20 mois, ici 18, et brutalement, il refuse son lit, comme si vous le couchiez sur des charbons ardents ou des pointes. Rien que de s’approcher de la chambre, le bébé commence à vous enserrer le cou, à se cramponner de toutes ses forces, et bien sûr, à pleurer…

Voilà ce qui se passait depuis notre séjour dans le sud cet été, alors que bébé est une bonne dormeuse, elle se fait des marathons de 12-13h et a tendance à réclamer son lit. Et c’est pas qu’elle ne voulait pas dormir, dans mes bras, à côté de moi dans le lit, no problem, je m’endors en quelques minutes. Non, ce qu’elle ne voulait pas, c’est son lit.

Alors on sentait bien que la prendre avec nous n’était pas la solution, c’était reculer pour mieux sauter.

Les rituels du coucher sont en place déjà avec numéro 1, même si les histoires se font un peu plus rares en ce moment, il y a un moment de discussion et de câlins avant le dodo

On a essayé de la laisser pleurer, avec le coup des 5-10-15min pour aller la rassurer (Note : Elle dort dans la même chambre que sa soeur, qui bien évidemment ne dormait pas dans ce doux vacarme, donc il y a déjà quelqu’un qui lui parle) Impossible. Une heure de hurlements plus tard (on a déménagé sa soeur du coup), elle est toujours droite dans son lit et elle a même trouvé le moyen de se faire mal à force de s’énerver…

La solution est venue du net. Je ne suis pas très fan généralement pour les soins mais bon, y’a pas que du mauvais, y’a du bon aussi sur les forums/réseaux etc… je tape 2-3 mots clés et les réponses pleuvent ! Des dizaines de parents qui témoignaient de faits similaires, enfants inconsolables… Et la solution, si simple…

S’asseoir à côté du lit.

Au point où j’en suis, je me dis que quelque chose d’aussi simple ne peut pas fonctionner… Mais bon, j’essaie. Je m’assied sur son coffre à jouets et lui parle doucement. MAGIQUE. Tout de suite, elle s’assied à son tour, s’arrête de pleurer sans que je la prenne. Elle guette quand même si je me sauve pas… Au bout de quelques minutes, elle se couche, et toute épuisée qu’elle est d’avoir tant crié, elle s’endort. Elle lâche mon doigt qu’elle cramponnait. Je sors de la chambre sur la pointe des pieds et le tour est joué !

Depuis, je prends 5min le soir pour m’asseoir à côté d’elle, silencieusement, je constate toujours des petits coups d’oeil pour vérifier si je ne me sauve pas avant qu’elle ne se soit endormie, mais je reste de moins en moins longtemps.

Ça a marché pour moi, alors si vous rencontrez le problème avec un bibou de cet âge, essayez, c’est rien de le faire, et ça épargne énervements et autres !

12013-05-22 15.16.05