Nostalgie…

Samedi on a eu une très belle journée de printemps.

Bébé était pas très bien et dans ces cas là le meilleur remède c’est encore de le mettre tout contre moi dans le porte bébé et d’aller dehors… On est restés là comme ça, à écouter les oiseaux qui s’en donnaient à coeur joie. Des mésanges de toutes origines, nonnettes, bleues, charbonnières, des pinsons, des moineaux, des bergeronnettes, et j’ai même aperçu des martinets haut dans le ciel !! Ah ça sentait vraiment le printemps… Et d’ailleurs les odeurs n’étaient pas en reste, c’est juste impossible à décrire, indéfinissable. L’odeur de printemps.

Et là ça m’a envahi, ce manque douloureux tout au fond, des souvenirs d’enfance qui remontent brutalement.

La cabane qu’on faisait dans les bois derrière la maison de papy mamie, un bric à brac de branches et de planches, oh elle était pas jolie comme on voit parfois dans les films, mais on y avait mis du coeur et elle résistait presque à la pluie.

Les descentes en luge, tout le pré, puis le jardin de papy en évitant les choux qui sortaient la tête de la neige, on sautait le talus et jusque sur la route ! Un coup l’arrivée fut brutale et la luge s’est fendue en deux par le milieu !
Puis on rentrait, trempés jusqu’aux os, les joues rouges d’avoir joué, remonté ce pré en traînant la luge 50 fois, et un peu à cause du froid aussi. Mais mamie sortait ses armes secrètes : tout se concentrait autour du poêle, son chauffe-pieds dans lequel elle mettait des braises toutes rouges qu’elle prenait dans le foyer, et son lait qu’elle faisait réchauffer sur un coin du poêle…

Les jeux dans le foin lors des fenaisons, cette odeur ! On sautait de plusieurs mètres jusque dans le gros tas de foin en bas de la fenière et on riait, qu’est ce que c’était drôle ! Bon ça grattait un peu après, mais on secouait les vêtements et c’était reparti !

Et quand on amenait les vaches en champ avec mamie et Loulette la chienne. On montait dans un pré pas très loin et on s’asseyait dans l’herbe pendant que les vaches broutaient. Mamie avait amené son tricot et une pelote de laine et me fabriquait un petit pompon. On l’accrochait au collier du chien, puis quand le soleil commençait à baisser sur l’horizon, on redescendait tout ce petit monde à l’écurie.
Il fallait traire, ils avaient une machine qui faisait ça mais mamie me remplissait d’abord à la main un petit bol de « lait bourru », juste à bonne température, je me souviens que j’adorais ça alors que je suis pas vraiment une grande fan de lait… Et des fois elle me laissait essayer, cette brave vache était bien patiente. D’ailleurs elle avait un nom, Ribande, Blanchette ou Noiraude, pas un numéro en tous cas…

On dirait que je parle du début du XXème siècle mais non c’est pas si vieux…

Le manque est vif.

Ces dernières années, je montais souvent discuter un moment, on partageait nos expériences, peu importe l’âge, les sensations de maman, c’est un peu toujours les mêmes… Ses paroles les plus marquantes ? Quand je lui ai raconté que j’avais fait un cauchemar, numéro 1 avait quelques mois, j’ai rêvé qu’il lui arrivait des horreurs, je me suis réveillée en larmes. Et là elle me dit « ah mais ça, tu vas l’avoir à vie, le souci, l’inquiétude pour tes enfants, même quand ils ont plus de 50 ans… D’ailleurs je trouve ton père un peu pâle en ce moment, il est fatigué non ? » Papy lui, a mal au dos. Peut être lié à ses 80 ans passés, ou peut être parce qu’il a été bêcher les pommes de terre hier…  Qui sait ? En tous cas, il se cachait pour manger un bout de lard, parce que sinon mamie le disputait (« ton cholestérol !! »), elle prenait bien soin de lui. Et quand les analyses de sang arrivaient, on aurait dit des enfants qui comparaient leur bulletin scolaire !

Tous ces moments si légers qui s’envolent en laissant le coeur si lourd…

Clic clac, fermée la porte…

Tout cela m’est revenu en pleine tête samedi par cette tellement belle journée de printemps.

2 réflexions au sujet de « Nostalgie… »

  1. Un billet tout doux, tout tendresse qui donne les larmes aux yeux tant on sent l’amour qui t’unissait à tes grands parents.
    Mille + un bisous ma belle

    [Reply]

    drine a répondu:

    oui, je te cache pas qu’elles coulaient en tapant et en relisant aussi… Bisous !

    [Reply]

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