En soirée avec les enfants… la peur…

Depuis l’histoire de la petite Maëlys qui a disparu lors d’un mariage, une peur s’est instillée dans les esprits des parents, en tous cas dans le mien et celui de mes proches.

Hier soir, nous étions nous aussi dans une fête, dans une bourgade de campagne, un endroit tranquille, les enfants jouent et courent partout. Et alors que ma grande a 9 ans (comme Maëlys), et ma deuz’ 5 ans, en temps normal, elles jouent, se font des copains, courent partout, font d’innombrables parties de cache cache avec les nouveaux copains, dans cet endroit qu’elles ne connaissent pas et donc tout est à découvrir ! Mais hier, ce n’était pas comme « d’habitude ». En temps normal, je garde vaguement un œil sur elles, sérieux, on a rien à craindre, la route est loin et peu fréquentée. Les gens ici sont tous des amis de nos hôtes, elles sont en sécurité. Alors bien sûr qu’on regarde où elles sont, mais pas en permanence, pas à chaque instant. Comme tous les parents je pense. Si il faut qu’on commence à courir sous les tables pour trouver leur super cachette, on y passe notre soirée ! Et ben maintenant c’est exactement ça…

J’ai toujours eu l’angoisse de l’enlèvement, déjà à la maternité pour numéro 1, alors que j’étais en chambre double, donc la douche se situe dans le couloir, il était pour moi hors de question de laisser mon enfant seul. J’ai systématiquement attendu quelqu’un pour la prendre. J’ai voulu la laisser à la nursery, on m’a répondu « non mais dans votre chambre ça craint rien ! » Ben si, c’est vite fait, on ouvre la porte, on prend le bébé qui dort, on referme la porte, on prend l’ascenseur, allez, 18 secondes pour le tout. Donc non. Et cette peur n’est pas passée, les 3 fois j’ai fait pareil. Et je vous avoue que j’ai demandé une chambre seule presque pour cette unique raison, avoir une douche dans la chambre, et le berceau me suivait dans la salle de bains…

Ensuite, vos enfants grandissent, et on leur laisse un peu d’autonomie, surtout dans nos patelins paumés. Franchement y’a rien à craindre, y’a personne qui vient ici, tout le monde se connait. Et puis l’année dernière il y a eu plusieurs signalement dans les patelins alentours de mecs en voiture qui rodent à la sortie des écoles et cherchent à attirer les enfants sous toutes sortes de prétextes. Alors on en parle, les filles sont grandes, elles peuvent comprendre « ne montez pas en voiture, avec personne, sauf si nous sommes au courant » Non parce que leur filer la peur de l’inconnu c’est bien, mais le jour où un type du village pète un plomb, ben on l’a pas vu venir.

C’est ça qui est nouveau dans la peur, c’est que c’est pas d’un inconnu dont il faut forcément se méfier, non c’est tout le monde. On est pas dans la vie des gens et certains cachent bien leur jeu…

Et ben hier, cette peur est là, lancinante,  le papa à côté qui d’un coup a un petit vent de panique qui passe derrière ses yeux lorsqu’il n’arrive pas à trouver son enfant du regard, et toi, elles sont où tes filles ? Tu étais occupée avec bébé qui ne trouve pas son sommeil avec la musique, ou pire, tu es sortie l’allaiter dans la voiture 5 min, elles sont où ? Ah tu aperçois la grande qui enflamme la piste de danse, mais la petiote, elle est où ? Couchée par terre, en train de jouer à la barbie avec sa cousine, ou en train de dessiner. Ben mine de rien il y en a eu des parties de cache cache où elles ont gagné parce qu’elles sont fortes, mais du coup pendant la minute où personne ne les voit, ben ton coeur s’emballe…

J’imagine que comme toute nouvelle peur, on va apprendre à vivre avec. Et puis voilà, on est parents, on est là pour ça, avoir peur, et aussi culpabiliser, c’est dans la définition du petit Larousse… Mais on va essayer de pas trop le montrer, de pas les enfermer et de vivre le plus naturellement du monde, comme si de rien n’était… Parce qu’on pourra jamais les protéger de tout, même si on aimerait bien…

Un bain à l’école

Une drôle d’idée ?

Bébé n°3 est né cet hiver. Et en allant chercher n°2 en maternelle, la maîtresse m’a fait une drôle de proposition: est ce que je pourrais venir lui donner un bain devant la classe de maternelle ?

Un petit gars, alors que le bain d’une petite fille qui a quelques semaines de plus que lui est déjà prévu. « C’est dans le programme ! » me dit la maîtresse. Bon ben moi je n’y vois aucun inconvénient, j’ai bien aimé le projet loup il y a quelques années et le contact avec les enfants, alors venir parler de bébé et montrer des gestes de soin, oui !

Nous avons attendu l’été et la chaleur pour faire ça parce qu’ici, en montagne, l’hiver est quand même un peu trop froid pour prendre un bain en classe… Et donc juste avant les vacances, c’est parti, branle bas de combat, j’emmène la moitié de ma salle de bain à l’école ! Nous avons rendez vous à 9h. Bon déjà quand j’arrive, je dois retaper un sprint à la maison car pour le goûter collectif, n°2 n’a pas emmené ce qu’il fallait : un fruit, au lieu de ça elle m’a fait mettre une compote dans le sac… Faudra que je vous en parle de ces goûters collectifs aussi, l’expérience est sympa !

Bon, la baignoire, le sac à langer, le chauffe biberon pour l’en-cas, j’ai tout, c’est parti ! Les enfants nous attendent dans le « coin regroupement ».

Présentation de bébé

On discute un peu de bébé d’abord, des différences avec la petite minette qu’ils ont vu la semaine d’avant. Déjà un garçon/une fille. Ouais mais là c’est pas franchement évident. Bébé a un pyj’ bleu, mais les filles aussi peuvent mettre des vêtements bleus ! Bon, ça on verra plus tard..

Bébé se tient devant moi sur ses jambes, il aime être debout, ou alors assis mais couché dans mes bras nooooon ! Ça c’est une vraie différence, la petite minette elle ne se tenait pas assise. Il faut savoir qu’elle est née un mois plus tôt mais d’une grossesse gémellaire et avec un mois d’avance, donc l’évolution n’est pas la même. On parle du fait que les bébés ne tiennent pas leur tête et on en cherche la cause. Pas assez forts… oui mais surtout, cette tête, elle est énooOoorme par rapport à la taille de bébé. Et là je regrette de pas avoir d’illustration pour leur montrer. Alors je leur dis que si leur tête avait la même taille par rapport à leur corps, elle serait de la taille de l’énorme ballon de gym. Et on part tous à rire, on aurait de drôles de têtes en effet ! On parle des yeux de bébé, la semaine dernière la maman de la petite minette a dit un truc que j’ignorais, et la maîtresse aussi : les yeux de bébé ont leur taille définitive dés la naissance !

Par contre j’essaie de leur montrer un retournement, pas moyen, bébé a sommeil et pas envie de faire de la gym !! Il s’agite, je le cale contre mon bras et là il cherche à téter pour se rassurer et s’endormir mais non, maman veut pas, étrange ça. Bon il va se servir de mon bras alors.

Il faudra que je (re)fasse un post sur l’allaitement… Mais nous en avions discuté avec la maîtresse et je ne voulais pas l’allaiter devant les enfants. Même si mes nièces et neveux n’ont eux pas eu l’air choqués le moins du monde (ça ne « choque » que les adultes ce geste naturel) et m’avaient posé une foule de questions, je ne préférais pas. 20 paires d’yeux rivés sur mes seins je ne le sentais pas du tout 😀 Mais on en parle, bébé tête mon bras, ça intrigue les enfants… Il n’a pas de sucette ? non il n’aime pas ça. Et son pouce ? il suce son pouce ? non plus… Pour bébé, le doudou/pouce/sucette c’est maman ! Un peu gênant quand je suis au boulot mais bon. Et donc on explique l’allaitement avec la maîtresse. Les enfants savent que nous sommes des mammifères et que le principe c’est qu’ils ont des mamelles pour nourrir leurs bébés. Ici c’est la campagne et ça parle à tout le monde ou presque. La sœur de la petite minette nous explique que sa maman tire son lait pour nourrir les jumeaux, elle ne les met pas au sein mais ils ont quand même le bon lait maternel. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui, je leur ai amené le tire lait électrique, je sais que ça va leur plaire cette machine, mais on verra tout à l’heure.

Pour l’instant, feu, on change d’endroit, c’est l’heure du bain ! Avec l’ATSEM on essaie de remplir un peu la baignoire mais la température est très basse, à peine 30, l’eau chaude est bloquée dans cette partie du bâtiment… C’est léger 30, je comprends alors pourquoi la petite minette a pleuré pendant le bain la semaine dernière…

Ce truc qui dépasse là !

Je déshabille bébé, et là, quand j’enlève la couche, on peut en venir à un point déjà abordé: il n’est pas fait comme la petite minette ! Et là il s’est produit un truc rigolo : la maîtresse demande aux enfants ce qu’ils voient comme différence, et la sœur de la petite minette dit: » Ma sœur, elle avait pas de zizi ! » et la maîtresse lui répond « mais si ! » dans le sens où zizi = sexe, « elle avait bien un zizi, mais un zizi de fille ! » Et la grande minette me souffle « ma sœur elle avait pas ce truc qui dépasse là ! » Et c’est marrant parce que j’avais justement lu un article là dessus il y avait peu de temps sur la façon de nommer le sexe, à propos d’un livre qui avait fait polémique en réduisant le sexe des filles à un moyen de faire pipi. Donc je souffle à la grande minette:  » ça c’est un pénis ! Et oui, ta sœur n’en a pas ! » J’ai hésité à rajouter « ta sœur elle a une vulve » mais je me suis dit que la maîtresse allait me tourner des grands yeux…

Bon, on a fait le tour de l’anatomie de bébé, on passe au bain proprement dit !

Le bain

Bon, tout est prêt, et je m’apprête surtout à faire vite pour ne pas qu’il prenne froid ! Je trempe bébé, le froid le surprend et il se met à pleurer, je le savonne vite vite, la maîtresse fait remarquer aux enfants ma main sous sa tête, puis je le rince et l’assieds dans la baignoire car je sais ce qu’il va faire et que ça va leur plaire ! Pas manqué, une fois assis, comme à son habitude, il se met à taper dans l’eau et ça éclabousse tout le monde ! Il voit qu’il déclenche des rires alors il continue de plus belle !!

Avant que la salle ne se transforme en grande piscine, je le sors, mais j’ai senti les enfants un peu déçus, en plus c’est la canicule en ce moment, même si chez nous c’est pas très violent (rarement plus de 30…) Je le rhabille et on va passer à la dernière étape de notre petite démonstration, l’en-cas !

Le casse croûte de bébé pour finir

Avant de venir j’ai tiré mon lait et j’ai donc un joli bibi de 150ml. Je le fais réchauffer (l’occasion de présenter le chauffe biberon) et nous reparlons de l’allaitement, et donc du tire lait. J’ai amené le tire lait électrique que j’ai en location. Je le mets en route et je leur fais sentir sur leur main la petite dépression qu’il fait. J’ai une foule de petites mains qui se bousculent pour sentir, c’est rigolo ça aussi. Enfin bébé boit son bib et on en profite pour débriefer un peu.

Mais ça a été long (1h30) et je sens les enfants fatigués. Ils ont faim, envie de partir en récré. Je les laisse donc vaquer à leurs occupations et je plie bagage.

À midi quand je suis venue chercher les filles, tous les petits sont passés saluer bébé, c’est leur pote maintenant !

Une belle expérience 🙂

Nostalgie…

Samedi on a eu une très belle journée de printemps.

Bébé était pas très bien et dans ces cas là le meilleur remède c’est encore de le mettre tout contre moi dans le porte bébé et d’aller dehors… On est restés là comme ça, à écouter les oiseaux qui s’en donnaient à coeur joie. Des mésanges de toutes origines, nonnettes, bleues, charbonnières, des pinsons, des moineaux, des bergeronnettes, et j’ai même aperçu des martinets haut dans le ciel !! Ah ça sentait vraiment le printemps… Et d’ailleurs les odeurs n’étaient pas en reste, c’est juste impossible à décrire, indéfinissable. L’odeur de printemps.

Et là ça m’a envahi, ce manque douloureux tout au fond, des souvenirs d’enfance qui remontent brutalement.

La cabane qu’on faisait dans les bois derrière la maison de papy mamie, un bric à brac de branches et de planches, oh elle était pas jolie comme on voit parfois dans les films, mais on y avait mis du coeur et elle résistait presque à la pluie.

Les descentes en luge, tout le pré, puis le jardin de papy en évitant les choux qui sortaient la tête de la neige, on sautait le talus et jusque sur la route ! Un coup l’arrivée fut brutale et la luge s’est fendue en deux par le milieu !
Puis on rentrait, trempés jusqu’aux os, les joues rouges d’avoir joué, remonté ce pré en traînant la luge 50 fois, et un peu à cause du froid aussi. Mais mamie sortait ses armes secrètes : tout se concentrait autour du poêle, son chauffe-pieds dans lequel elle mettait des braises toutes rouges qu’elle prenait dans le foyer, et son lait qu’elle faisait réchauffer sur un coin du poêle…

Les jeux dans le foin lors des fenaisons, cette odeur ! On sautait de plusieurs mètres jusque dans le gros tas de foin en bas de la fenière et on riait, qu’est ce que c’était drôle ! Bon ça grattait un peu après, mais on secouait les vêtements et c’était reparti !

Et quand on amenait les vaches en champ avec mamie et Loulette la chienne. On montait dans un pré pas très loin et on s’asseyait dans l’herbe pendant que les vaches broutaient. Mamie avait amené son tricot et une pelote de laine et me fabriquait un petit pompon. On l’accrochait au collier du chien, puis quand le soleil commençait à baisser sur l’horizon, on redescendait tout ce petit monde à l’écurie.
Il fallait traire, ils avaient une machine qui faisait ça mais mamie me remplissait d’abord à la main un petit bol de « lait bourru », juste à bonne température, je me souviens que j’adorais ça alors que je suis pas vraiment une grande fan de lait… Et des fois elle me laissait essayer, cette brave vache était bien patiente. D’ailleurs elle avait un nom, Ribande, Blanchette ou Noiraude, pas un numéro en tous cas…

On dirait que je parle du début du XXème siècle mais non c’est pas si vieux…

Le manque est vif.

Ces dernières années, je montais souvent discuter un moment, on partageait nos expériences, peu importe l’âge, les sensations de maman, c’est un peu toujours les mêmes… Ses paroles les plus marquantes ? Quand je lui ai raconté que j’avais fait un cauchemar, numéro 1 avait quelques mois, j’ai rêvé qu’il lui arrivait des horreurs, je me suis réveillée en larmes. Et là elle me dit « ah mais ça, tu vas l’avoir à vie, le souci, l’inquiétude pour tes enfants, même quand ils ont plus de 50 ans… D’ailleurs je trouve ton père un peu pâle en ce moment, il est fatigué non ? » Papy lui, a mal au dos. Peut être lié à ses 80 ans passés, ou peut être parce qu’il a été bêcher les pommes de terre hier…  Qui sait ? En tous cas, il se cachait pour manger un bout de lard, parce que sinon mamie le disputait (« ton cholestérol !! »), elle prenait bien soin de lui. Et quand les analyses de sang arrivaient, on aurait dit des enfants qui comparaient leur bulletin scolaire !

Tous ces moments si légers qui s’envolent en laissant le coeur si lourd…

Clic clac, fermée la porte…

Tout cela m’est revenu en pleine tête samedi par cette tellement belle journée de printemps.

La fin du « Projet Loups » de l’école

Comme je vous ai expliqué il y a quelques mois, l’école de ma fille a fait une activité suivie tout au long de l’année, alternant avec les trois cycles, sur le loup. Comme j’avais un peu initié le truc, j’ai tout suivi. D’abord le cycle 3 sur l’article que je vus avais partagé, des échanges passionnants avec des enfants intéressés.

Ensuite le cycle 1, des tous petits mais qui ont entendu parler du projet et de Mickaël. Je suis surprise, on tient 40-45min à discuter avec ces petits qui ont aussi tout un tas de question. Pas les mêmes que les grands, ici, on ne parle presque pas des troupeaux de brebis qui se font attaquer, non, mais on parle plus du Petit Chaperon Rouge. Enfin, je me suis laissée guider par leurs questions, comme la première fois et ça donne un échange totalement différent mais tout aussi intéressant !!

J’ai terminé par le cycle 2, celui de ma fille, idem, autres questions encore, mais là, ils étaient déjà calés, c’est que les grands/petits frères et soeurs avaient déjà bien causé du truc à la maison.

Donc à chaque fois, j’interviens, puis l’animatrice alterne sur les semaines suivantes les interventions de Mickaël par Skype (il peut aussi se connecter sur Hangouts et on réfléchit à d’autres moyens encore !!) et les activités sur le thème du loup, adaptées à chaque niveau.

Alors les enfants s’expriment ! attention les yeux !!

2015-06-20 13.43.10 2015-06-20 13.43.24 2015-06-20 13.44.12 2015-06-20 13.44.51(je m’excuse pour la qualité des photos mais j’ai pris ça avec mon téléphone le jour de la kermesse)

Enfin, elle a un projet en fin d’année, emmener les enfants au parc de Courzieu. C’est pas très loin de chez nous, il y a des loups, des parcours pédagogiques, des oiseaux, et même des escargots !!! Elle ne sait si ce sera possible, les différents professeurs ont déjà des projets pour leurs classes respectives. Et puis si, ça se fera, on emmène toute l’école !!!

Moi je pose ma journée au cabinet. Mes filles passent avant mon travail et mes patients ne m’en voudront pas de les abandonner pour une journée, vu le souvenir qu’il va nous rester à ma fille et à moi !!!

Et une surprise attend les enfants devant les portes du parc : Mickaël est venu nous rejoindre ! Alors comme toutes les stars de renom, ils se disent que c’est pas possible, que c’est pas la même voix, qu’il n’a pas son bonnet (il fait 25 les enfants !!), que sa barbe était plus courte/longue !! Ils m’ont bien fait rire !!

SONY DSCphoto paparazzée du fameux Mike incognito

Le planning est très serré, il ne faut pas se rater. D’abord, avec tout le cycle 2, nous voilà faire le tour de la vallée des loups, tour qui se veut pédagogique avec des panneaux qui expliquent la biologie du loup, sa répartition, tout ça en suivant une petite louve née au parc, Taïga. , un parcours ludique aussi avec le toboggan de la gueule du loup qui vous fait arriver dans le noir ! (et d’ailleurs si un certain Angelus me lit, ils n’ont pas appuyé sur le bouton où le loup te fait pipi dessus !!!!!)

On fait la terrifiante maison des pièges (sérieux si vous y allez, pas en dessous de 6ans, ils sont terrorisés sinon, nous ça allait mais le groupe devant nous hurlait…)

Puis le « spectacle des loups ». Enfin, le nourrissage quoi. Comme beaucoup, je commence à avoir du mal avec ces parcs où les enclos, aussi grands soient ils, n’atteindront jamais même 10% du territoire qu’ils auraient eu dans la nature… Bref, je mitraille un peu, parce que le souci c’est que dans la nature, ben les loups, on les voit pas ! Ou alors tourner du derrière au loin, mais du coup voilà, quand on essaie de faire un joli diaporama (à venir), et ben si tu veux mettre une gueule de loup, il vaut mieux avoir des photos de loups captifs…

SONY DSCles deux loups dominés de la meute

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(ah ces regards quand même….)

Puis, pique nique, on papote avec Mike et des enfants, et puis on fait une activité pédagogique. Nous avons des fiches sur un arbre, et dans le parc quelque part, il doit y avoir son nom… alors mon groupe a passé 1/2h dans une forêt a travailler dur pour savoir si c’est bien cet arbre qui a des akènes. En plus les noms ne correspondaient pas forcément… Bref, heureusement que l’arrivée d’un autre groupe nous a indiqué où regarder, du côté des loups blancs, et là c’était facile, il y avait des panneaux reprenant texto les fiches, avec le nom de l’arbre au dos. Je tiens à dire aux enseignants que nous n’avons pas repris nos fiches à ce moment là et que les noms étaient ceux durement trouvés dans la forêt… Bref, il a fallu courir parce qu’ensuite, il y avait le spectacle de rapaces !!

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SONY DSCVoilà, il nous restait un peu de temps, nous sommes retournés dans le parc, puis est venu le moment de se dire aurevoir. Je pense que cette journée a duré 2h. Pas plus. Enfin, c’est l’impression que j’ai eu, et je dois quitter Mike…

Le retour en car fut… éreintant ! enfin je n’aurais jamais pensé que je serai plus fatiguée après ce genre de journée qu’une journée de travail à courir partout mais si !!!

Mais ce fut une très chouette expérience, toute cette année, du début à la fin !

Alors je le redis, si vous voulez faire pareil, c’est possible, il suffit d’un ordinateur et d’une connexion internet pour voir Mike (ouais je pense pas me déplacer dans toutes les écoles de France pour faire la première activité :p ) et après… et après, ça donne plein d’idées, les enfants adorent, autour du loup, mais aussi du sauvage, de la vie dans les forêts du Vercors, enfin, plein de choses sont possibles.

Je vous rappelle le site internet de l’association : http://peupleloup.info et le spécial tous petits avec des coloriages et des histoires contées : http://ptitloup.net

Je vous laisse avec la primeur de la nouvelle vidéo de présentation de peupleloup !


Découvrir le Sauvage avec Peuple Loup par peupleloup

Au revoir Nounou…

Vous savez, j’ai décidé de confier mes enfants à une assistante maternelle pour la garde.
Déjà, première phrase que je tape, premier sentiment de malaise.
On reprend :
J’ai décidé de confier mes enfants à une nounou pour qu’elle s’occupe d’eux. (là ça va mieux.)

Il s’est passé quelque chose ces dernières années, depuis mon enfance, l’administration, les lois, le cadre, et les petites cases bien belles ont remplacé l’humanité, je ne vois que ça.
Une « ancienne » nounou que je soigne m’explique « nous on nous demandait si on aimait les enfants, c’était le point primordial, il ne fallait pas dire qu’on faisait ça pour gagner sa vie, le salaire c’était secondaire. L’essentiel c’était la passion des enfants, la tendresse qu’on pouvait leur apporter. J’ai fait aussi famille d’accueil pour la DDASS, on nous disait d’essayer de nous protéger en ne nous attachant pas trop aux enfants, et c’est sûr, ça c’était le plus difficile, surtout pour ces petits perdus de la DDASS qui ont un tel manque affectif »

Oui, voilà, mon idée de la nounou c’est ça, quelqu’un qui est là pour essuyer les larmes, faire un câlin, consoler ce bébé qui a du mal à laisser sa maman, lui apporter tout l’amour que je ne peux pas lui donner pendant que je travaille. J’ai lu récemment dans le journal le témoignage d’une auxiliaire puéricultrice qui travaillait dans une crèche, elle même maman d’un petit bout, et qui explique clairement qu’elle préfère confier son bébé à une assistante maternelle agréée parce qu’en collectivité, « nous n’avons pas suffisamment de temps pour satisfaire l’énorme besoin affectif des tout-petits » Après il me semble qu’elle dit préférer la crèche plus tard pour la sociabilisation. Certes, sociabiliser. M’enfin je trouve que l’école s’est très bien occupée de ça quand ma fille a eu 3ans.

Moi je veux une nounou, parce que nounou, c’est quelqu’un d’important.

« Assistante maternelle agréée » Alors ça c’est une jolie expression. Bien froide. Parce que nounou, nourrice, c’est trop chargé. Je pense assez bizarrement à la nourrice de Juliette dans Roméo et Juliette. Celle qui l’aime de tout son coeur et ferait n’importe quoi pour elle. Trop chargé nourrice, vraiment. Vaut bien mieux une assistante maternelle agréée, là on sait que c’est du sérieux, ça déconne plus, elles ne sont pas là pour aimer et élever vos enfants. Non, maintenant ce sont des professionnelles qui assistent les mères avec leur agrément. Chic ! Vive le politiquement correct. Bref, je suis pas là pour parler langage. Enfin, j’ai l’impression que ça commence là quand même.

La maison du bonheur

Je ne voulais pas d’un environnement aseptisé, je cherchais la maison du bonheur, celle où on se sentait bien, même si de la poussière traîne sur un meuble. Je voulais de la nature, des animaux, un environnement épanouissant où ma fille pourrait grandir et apprécier les choses de la vie, avec des bras prêts à faire des câlins quand elle en aurait besoin, une nounou contre qui se pelotonner quand elle serait malade ou fatiguée. Ce vieux labrador à qui elle s’est tenue pour faire ses premiers pas. Chez nounou, elle a nourri les poules, elle a promené les chiens, et le lapin ! Elle a ramassé des feuilles de toutes les couleurs à l’automne. Elle a fait de la luge. Elle a marché, beaucoup, souvent. Elle a fait du vélo, comme passager dans de grandes et belles balades, ou dans la cour quand il a fallu apprendre. Chez nounou on fait des parties de « guilis » quand on est triste, ou mal luné.

Enfin voilà, j’avais trouvé une maison qui débordait d’amour.

L’enquête

Et puis, pour je ne sais quelle obscure raison, alors que je suis le seul employeur depuis plus de 6 ans, le conseil général décide de faire une enquête. Alors qu’ils viennent juste de lui renouveler son agrément.

Ça a commencé en septembre, une première visite qui a terrifié nounou. « J’ai l’impression d’avoir des pièges à loups derrière les portes quand je l’entends parler » me dit elle au téléphone, complètement paniquée. Des choses qui une fois l’émotion retombée paraissent tellement ridicules qu’on en rigole ensemble ! Comme si ma fille allait aller chercher une chaise dans la pièce à côté, ouvrir un placard, positionner la chaise devant le rayon des produits ménagers à 1m40 de haut, puis monter dessus pour s’envoyer un coup de vinaigre d’alcool. D’ailleurs on a testé, elle ne peut pas, sinon elle tombe de la chaise. Des tas de choses de cet acabit, plein de broutilles ridicules.

-l’escalier là, il n’a pas de barrière
-les 5 marches qui descendent au garage ? mais cette porte est fermée d’habitude !
-oui mais là elle est ouverte.
-non mais là je vous montre !
-peut être mais ce n’est pas sécurisé.

Voilà le genre de dialogue de sourds qu’elles ont eu.

Surtout que lors du renouvellement il y a 5 ans de ça, alors qu’elle gardait ma fille qui n’avait pas un an, il n’y avait pas de problème, juste des « faites attention, ne vous éloignez pas » quand elle est sur la chaise haute ou autre. Non, en 2009, la maison ne présentait pas de risque pour cet enfant en bas âge. Par contre, en 2015, c’est devenu un environnement hostile, miné.

J’ai eu d’autres échos de cette personne par des nounous que je connais par mon travail, qui ont eu affaire à elle. « Inhumaine » est le mot qui revient le plus souvent. « elle ne doit pas avoir d’enfants parce qu’elle ne se rend absolument pas compte » Le pire qui m’a choquée, dans les témoignages que j’ai eu, elle a demandé à une nounou de parquer un bout de jardin parce que le terrain était ouvert sur des prés, donc non sécurisé. La nounou lui a répondu « parquer ? mais c’est pas des labradors que je garde !!!! »

Ensuite, elle (l’assistante sociale) a demandé que nounou voit un psychologue. Elle était tellement stressée lors de sa visite qu’elle a remarqué « des troubles » . Peut être parce que nounou se rendait compte qu’elle parlait à un mur froid, qui avait décidé que cet environnement ne lui plaisait pas. Oui, elle l’a stressée, complètement. Elle l’a harcelée de questions, bousculée verbalement, vous auriez pas stressé vous ? Nounou a perdu ses moyens et a mal répondu aux questions…

Les filles ont commencé à sentir nounou pas bien quand ces échéances se rapprochaient.

Chez la psychologue, tout se passe bien, elle admet qu’il ne faut pas changer ma toute petite d’environnement à cet âge (3 ans), ce n’est pas le moment. Elle voit bien les incohérences dans le signalement fait par l’assistante sociale. Mais…. « je n’irais pas contre ces gens là madame, je travaille avec eux ». En gros, non, elle ne l’aidera pas.

Re visite, re pièges à loups, plus loin, derrière une autre porte.

Donc elle décide de la mettre devant une commission pour le retrait de son agrément.

Une chance persiste, elle a le droit de venir se défendre le jour où la commission se réunit, ce qu’elle fait, et aidée de son mari, également représentant syndical. Ils ont démonté point par point les griefs contre elle. Ils sont revenus confiants.

Et nous alors ?

Et nous dans tout ça ? à aucun moment on ne nous avait demandé notre avis, nous n’avons rien à dire, « ce dossier ne vous concerne pas madame » !!!! C’EST MES GAMINES QUAND MÊME !!!!! Je veux dire c’est pas mon chien ou mon poisson rouge, c’est de mes gosses qu’il s’agit, de leur environnement, de la personne qui les élève quand je travaille depuis leur naissance !!

Mais enfin, pour cette commission, ils sont obligés de me demander mon avis. Obligés par la loi l’article blablabla. Parce que l’autre, elle s’en fichait pas mal, son avis était fait. Et d’ailleurs cette chose collante qui arrête pas de déranger sa victime pendant qu’elle essaie de lui mettre la tête sous l’eau, c’est pénible, cette chose qui appelle sa nounou toutes les 3 minutes tellement elle sent le stress et la tension ambiante. Et elle souffle pendant les visites, on peut pas avoir la paix franchement !…

« excusez moi madame, mais mon travail avant tout c’est de m’occuper de la puce, pas de faire visiter »

Donc mon avis je le donne. De tout mon coeur, j’explique pourquoi j’ai choisi cette nounou en particulier, il y a 6 ans 1/2 quand ma numéro 1 est née, pourquoi je l’ai gardée après ma grossesse de n°2. J’explique ce qu’elles font comme activité, tout l’amour qu’il y a entre elles… J’explique tous les services que me rend nounou, comme aller chercher ma grande à l’école de mon petit village de montagne, alors qu’elle habite en plaine à 15km…

Deux pages d’explications.

Utilité = zéro.

La lettre

Ce début de semaine, la sentence est tombée, la commission a décidé, l’agrément est retiré. Sur le champ. Avec une lettre qui est presque un parfait copié collé de celle qui informait nounou de la tenue de la commission.

« je demande le retrait de votre agrément pour les raisons suivantes : blablabla »

« nous avons décidé le retrait de votre agrément pour les raisons suivantes : blablabla »

A quoi cela a-t-il servi qu’elle aille se défendre ? à rien, pas un seul mot sur leur défense, les mêmes arguments ridicules. Exactement les mêmes mots.

Le coup de massue est énorme. Je dois trouver une autre solution, pour demain, le retrait de l’agrément est effectif lorsqu’ils vont recevoir l’accusé de réception, donc demain.

Une mamie dépanne pour mardi, mais ce ne peut être une solution durable, parce que son boulot à elle c’est mamie, pas nounou.

J’appelle le Conseil Général. J’explique la situation, peut être un peu énervée, j’avoue. Après les larmes de lundi, c’était la colère. La personne au téléphone me dit de me débrouiller pour trouver une autre assistante maternelle.

-Parce que vous allez pas m’aider alors que c’est à cause de vous si on se trouve dans cette situation ?
-Je n’y suis pour rien madame, et ce n’est pas mon travail.

Appeler la mairie qu’elle m’a dit. Elle n’ouvrira que jeudi après midi dans mon patelin, il faut trouver plus vite.

Elle a fini par prendre mon téléphone et me dire qu’elle va essayer un truc. Elle n’a jamais rappelé.

Alors la famille, les amis se mobilisent, une solution est trouvée rapidement. Histoire de pas trop les changer vite, de pas les balancer chez une inconnue, peut être très gentille, mais inconnue.

Mais dans cette conversation avec le conseil général, une autre chose m’a marquée, je lui ai demandé si elle pensait au bien être de mes enfants :
-on ne pense qu’à ça madame
-venez expliquer ça à ma fille alors, je pense qu’elle ne va pas voir les choses comme ça ! C’est pour des normes ridicules que vous avez fait ça, c’est aberrant.
-Vous avez eu de la chance.
-de la chance ? c’est pas un mois qu’elles y sont restées, c’est 6 ans 1/2 !!!

Je pense les faire jouer au loto, survivre 6 ans 1/2 dans un environnement apparemment aussi hostile, c’est de la chance !!!!

L’annonce

Il restait encore le plus dur à faire. Le dire à ma fille, à la grande si calinou, si aimante.

Mardi soir, une fois la visite faite dans la famille qui a proposé de me dépanner, brutalement, elle a compris. J’étais dans la cuisine, au téléphone avec le papa, je lui disais que c’était ok pour les semaines à venir quand elle est venue. Décomposée, blanche.

-Mais maman, tout ça, ça veut dire qu’on ira plus chez nounou ? qu’elle ne va plus nous garder ?

Alors je lui explique, entre deux sanglots, que nounou a besoin d’un papier pour faire son travail et que quelqu’un lui a enlevé, alors elle n’a plus le droit. Pourquoi ? la sécurité. Elle ne comprend pas, sanglote, pense que c’est sa faute. Je lui donne l’exemple du placard, elle me répond que jamais elle ne touche aux placards, qu’il faut qu’elle parle à cette personne qui a pris le papier pour lui dire…

Nausée… Elle va se coucher dans les larmes, le ventre presque vide. Elle ne veut pas aller à l’école demain. Tout le monde pourrait vous le dire elle adore l’école. Je lui dis qu’on ne peut pas rater l’école à cause de mauvaises nouvelles, je la rassure comme je peux, on va la voir encore nounou, on ira! Oui mais ce sera pas pareil…

La petite n’a rien dit, elle essaie de faire rire sa soeur en faisant la pitre comme elle sait si bien faire.

Elles s’endorment.

Et vers minuit, des pleurs, c’est la petite qui fait des « caussemars »… Impossible à calmer, j’ai du beaucoup câliner pour lui permettre de se rendormir…

J’ai expliqué à la maîtresse, que ça risquait d’être dur aujourd’hui. Mercredi non, par contre, j’ai eu un mot en fin de semaine pour son comportement dissipé (3 avertissements). Ce n’était arrivé qu’une fois en tout début d’année, alors qu’elle avait du mal à assimiler les nouvelles règles du CP… Oui, elle est dans le rouge, vers le bonhomme « :-s », c’est pas bien, on a puni, forcément, mais je sais d’où ça vient…

Pour n°2, la nouveauté depuis mercredi ce sont les caprices avec des grosses larmes, chose qu’elle n’avait jamais fait avant, dés que quelque chose la contrarie.

Mais c’est pour le bien être de mes enfants……………………

Alors je sais pas trop la suite, on va se battre pour nounou, faire des courriers, essayer de sonner à des portes. De son côté, elle fait appel, et essaie aussi de trouver des gens pour l’aider.

Mais franchement, à quel moment est ce qu’aseptiser l’environnement est devenu plus important que l’attitude de la nounou ?

Alors, je comprends tout à fait que certains veuillent ça pour leur enfant, c’est leur point de vue et je le respecte. Et il y a sans doute des assistantes maternelles agrées qui vont tout à fait répondre à leurs attentes. Ou mieux, des crèches ! Mais moi j’avais trouvé ma nounou, selon mes critères, et on me l’enlève…

Si l’assistante sociale qui a fait ça à nounou est de bonne foi, elle manque sacrément d’humanité. Mais je pense sincèrement que dés le départ ça lui a pas plus, le chien qui jappe, nounou qui a voulu être honnête et pas mettre sa maison nickel chrome comme font certaines. Elle lui a pas déroulé le tapis rouge, comme elle avait toujours fait lors des contrôles. Mais d’habitude, celles qui venaient s’inquiétait des enfants, pas des normes débiles….

Acharnement, harcèlement, je n’ai pas peur des mots, je pense vraiment que c’est de ça qu’il s’agit.

Nounou va pointer au chômage.

Et nous faut qu’on se débrouille. Bien le système y’a pas à dire.

On t’aime nounou.